J'écris cet article à 8h du matin, à chaud. Mon seul objectif est d'essayer d'illustrer ce que peut être la vie de candidats de Secret Story, un mois après leur sortie de la maison. Avant d'écrire ces lignes, j'ai interrogé Léo, Emilie et Martin pour m'assurer que je pouvais publier ce qui s'est passé ce soir, dans les termes qui sont les miens. Je suis donc relativement tranquille : j'ai leur accord et ce que je raconte n'est pas exagéré. C'est juste hallucinant.
Le contexte : ce soir, Emilie, Léo et Cindy sont "invités" (c.a.d payés) par une discothèque de Grenoble, le "Phoenix". Ils sont censés se présenter autour de 0h30/1h, pour animer la soirée.
Hasard du calendrier, Martin Medus (qui a aussi participé à Secret Story 3) et moi passons également la soirée à Grenoble. Martin est ami avec Léo, Emilie et Cindy, et il nous semble naturel de nous rendre au Phoenix, en fin de soirée, pour rejoindre les autres candidats. Je prends la peine, plusieurs jours avant l'évènement, de contacter la discothèque pour leur expliquer qu'ils pourraient bénéficier de 4 candidats pour le prix de 3, et leur demander si cela ne leur pose pas de problème. On me confirme, trois jours avant l'évènement, que nous sommes les bienvenus.
Premier accroc : Martin et moi avons prévu de diner au "Rossini", un restaurant italien de Grenoble, puis d'aller boire un verre aux "Coulisses", un bistrot branché. Léo, Emilie et Cindy, qui n'ont rien de prévu avant 0h30, seraient heureux de nous rejoindre dans la soirée, avant d'honorer leur contrat en discothèque. Le patron des Coulisses annonce leur venue sur Internet, sans être sûr de quoi que ce soit. A 20h, je reçois un coup de téléphone de Philippe, le patron du Phoenix, qui hurle, explique qu'il a payé pour le déplacement des 3 candidats et qu'il est hors de questionsqu'ils se rendent où que ce soit sans son accord. Il menace, si les candidats se rendent aux "Coulisses", de venir avec "ses hommes" et de tout casser.
Bêtement, Martin et moi trouvons ça normal et nous expliquons que rien n'est arrêté pour Léo, Cindy et Emilie (ce qui est vrai) et que seul Martin sera présent dans le bistrot, comme prévu. Le patron des Coulisses fait une rectification sur le Net : Martin sera là, et c'est tout. Et c'est ce qui se produit. Du "Rossini" aux "Coulisses", la soirée est agréable. Nous avons l'occasion de discuter avec différentes personnes, l'atmosphère est idéale.
23h30 : coup de fil de Léo, qui nous demande de le rejoindre.
Minuit. Nous rejoignons Léo, Emilie et Cindy dans leur hôtel, à proximité de la discothèque. Léo est accompagné de son cousin et son amie, et de deux amis venus d'Annecy. L'ambiance est détendue, humour et discussions variées (on parle du livre d'Elisabeth récemment paru, d'avenir, de tout un tas de choses).
1 heure. Une voiture vient chercher Léo, Cindy, Emilie et leurs quatre amis. Martin et moi nous mettons d'accord avec le chauffeur : nous le suivons jusqu'au parking de la discothèque et entrons par "l'entrée des artistes".
A peine sommes-nous à l'intérieur qu'on nous explique que seuls Léo, Emilie et Cindy peuvent faire leur entrée depuis les coulisses. Martin, les quatre amis de Léo et moi devons passer par l'entrée principale et payer le vestiaire, comme tout le monde. Nous sortons et contournons le batiment. Martin, qui s'étonne de ce traitement, est intercepté par le patron qui lui explique qu'il est le seul maître à bord et qui lui reproche de s'être faché. Les menaces sont explicites, mais nous ne payons pas l'entrée et avons accès au "carré VIP". Trop aimable. Martin et moi nous installons en premier dans le fameux carré, bientôt suivis par les hauts savoyards. Le DJ fait monter l'ambiance : Léo, Emilie et Cindy font leur entrée sous les hurlements de la clientèle.
Et l'abattage commence : les clients peuvent pénétrer dans le carré VIP et, par petits groupes, être photographiés en compagnie de Léo, Emilie et Cindy. Regards désespérés de tous en notre direction. Je ne les envie pas. De nombreux fans interpellent Martin, qui échange volontiers avec les client(e)s.
Léo et Emilie sont persuadés d'être tenus à une présence de 2 heures, comme c'est le cas habituellement. Problème : l'organisateur de la soirée a signé pour 3 heures, mais ils n'ont pas été informés. Pendant plus de 2h et demi, ils se soumettent de bonne grâce aux desiderata de leur employeur d'un soir.
3h48, tout le monde fatigue et veut rentrer. Les candidats sont persuadés d'avoir donné 48 minutes de leur temps, sans contrepartie. Le patron du Phoenix prend très mal la chose. Il nous expulse, Martin et moi, manu militari. Léo, Emilie et Cindy, qui en ont assez et veulent également rentrer à l'hôtel, sont retenus. Plus tard, ils nous raconteront que sur la porte des coulisses, on a placé un cadenas, sous leur nez.
Emilie est claustrophobe. Elle se sent mal et le dit. Léo échappe à un membre de la sécurité qui essaie de le retenir et tous deux réussissent à quitter les lieux par l'entrée principale. Heureux hasard : Martin et moi passons devant la discothèque en voiture au moment de leur sortie. Léo et Emilie s'engouffrent littéralement sur les places arrière et nous quittons les lieux dans un crissement de pneux. Il est plus de 4 heures et nous avons tous l'impression d'être dans un mauvais film.
Nous voilà sur le parking de l'hôtel Mercure, à moins de 500 mètres de là. Léo emprunte la voiture de son cousin et nous décidons de retourner au Phoenix pour essayer de récupérer ceux qui sont encore sur place : le cousin de Léo, ses amies, Cindy, bref : ceux qui manquent à l'appel. Nous passons devant le Phoenix à vive allure et repérons les quatre savoyards, qui se précipitent dans les voitures. Nous fonçons à l'hôtel. Personne ne peut vraiment croire à ce qui s'est produit. Cindy manque à l'appel. Je demande à Léo, Emilie et Martin si je peux décemment évoquer le terme de séquestration dans mon compte-rendu. On me dit que oui, clairement, sûrement, et tous m'assurent qu'ils n'ont jamais vécu ça.
Léo appelle la représentante de l'organisation qui est toujours, semble-t-il, en compagnie de Cindy, et lui demande de venir discuter de ce qui s'est produit. Las, nous ne la verrons jamais. Nous buvons un dernier verre dans la chambre de Léo et Emilie, en commentant les évènements du soir. 1 heure plus tard, au moment de quitter les lieux, nous réalisons que Cindy, dont nous n'avions pas de nouvelle, a réintégré sa chambre. C'est la seule chose que nous savons au moment où je rédige ce papier.
Je viens de rentrer et j'écris immédiatement. Je tiens à préciser que les participants de cette soirée peuvent me contacter s'ils souhaitent que je corrige l'une ou l'autre des informations que je fournis. Dans l'ensemble, le comportement des candidats et de leurs amis a été exemplaire. En revanche, l'attitude des responsables de la discothèque a été, et je l'écris avec tout le recul dont je suis capable, hallucinant. Vraiment. Comme si les candidats n'étaient que des produits, des lignes sur un contrat, mais en aucun cas des êtres humains. Un truc de malade, qui fait réfléchir.
Aussi étrange que cela puisse paraitre, les participants d'émissions de télé-réalité sont des êtres humains. Futurs employeurs, par pitié, ne l'oubliez pas.
Fox Scoop, sidéré.